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Le barrage de Kembs,  un cas d'écoleLe barrage de Kembs alimente le grand canal d'Alsace et ne garantit jusqu'ici qu'un débit minimal de 30 m³/seconde au vieux Rhin en période hivernale. (Photo DNA)

Le barrage de Kembs, un cas d'école

Les énergies et leur impact environnemental... Une trentaine de doctorants et étudiants en master des universités du Rhin supérieur ont planché durant neuf jours sur cette thématique à Mittelwihr et tenté de dégager des pistes pour un développement soutenable.


Pour renouvelable quelle soit, l'énergie hydraulique n'en a pas moins d'impact sur l'environnement. « Un barrage sur un fleuve tel que le Rhin empêche la remontée des poissons, amasse les sédiments en amont, influence le niveau de la nappe phréatique et modifie le milieu en détournant une partie de l'eau de son cours naturel pour la transformer en énergie » a expliqué Jens Lange, universitaire à Fribourg et intervenant de l'université d'été en sciences de l'environnement d'Eucor (lire encadré). On dit l'énergie hydraulique propre mais tout dépend du mode d'exploitation.


Principal point de débat entre EDF, l'Etat et les associations : la question du débit réservé du vieux Rhin


Alors que trois groupes de travail se penchaient sur l'utilisation et l'approvisionnement en énergie dans les quartiers urbains de Bourtzwiller (Mulhouse), Riehen (Bâle) et Vauban (Fribourg-en-Brisgau), un quatrième groupe d'étudiants s'est intéressé à la production d'électricité au barrage de Kembs. La concession de l'usine hydroélectrique doit être renouvelée fin 2007 avec pour principal point de débat entre EDF, l'Etat et les associations de protection de la nature et de la pêche, la question du débit réservé du vieux Rhin.
A Kembs actuellement, le débit réservé pour le vieux Rhin n'est que de 30 m³/sec, bien trop peu pour assurer la préservation de l'écosystème. Dans le cadre du renouvellement, des associations comme Alsace Nature demandent un débit minimal de 100 ³/sec. pour conjuguer la production d'énergie dans le grand canal d'Alsace avec les impératifs environnementaux. EDF de son côté tente de ménager le potentiel de production hydro-électrique et propose 45 m³/sec. en hiver et jusqu'à 100 lors des hautes-eaux.
Le problème ainsi posé, une poignée d'étudiants et de doctorants ont eu une semaine pour trouver le point d'équilibre entre les intérêts économiques et les plus-values écologiques et sociales. Une augmentation du débit réservé dans le vieux Rhin occasionnerait une baisse du chiffre d'affaire d'EDF d'autant plus que trois autres centrales hydroélectriques sont installées sur le canal. Il faudrait donc une compensation qui pourrait venir en partie par l'installation d'une turbine supplémentaire en amont du vieux Rhin où passeraient les 100 m³/ sec. de débit réservé.
Mais les conclusions du groupe de travail ont surtout appelé à la prise en compte dans la négociation de la concession, du programme intégré Rhin (PIR) du Bade-Wurtemberg qui veut à terme élargir le lit du vieux Rhin en abaissant la rive allemande. Ce projet vise à corriger les effets de la canalisation du fleuve en permettant l'écrêtement des crues et en recréant une partie des zones alluviales disparues.
Ce PIR demande un minimum de débit réservé (100 m³/sec au moins), une donnée qu'il faudrait prendre en compte dès à présent. Les avantages écologiques et touristiques (activités nautiques, de pêche, nature,...) dans le cadre de ce projet seraient tels qu'ils compenseraient globalement le sacrifice énergétique. Avis aux décideurs.


Simone Wehrung


© Dernières Nouvelles D'alsace, Mercredi 06 Septembre 2006



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