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Bio                                  : ambition à 15 %

Bio : ambition à 15 %

L’agriculture biologique, en colloque national en Alsace, veut rattraper son retard sur ses voisins européens.


LA FNAB, F édération nationale de l'agriculture biologique des régions de France, regroupe 70 % des 11 000 producteurs bio, dont 239 en Alsace. Lors des assises que le mouvement a tenues mardi et mercredi à Mittelwihr et à Colmar, une singularité hexagonale est vite apparue : « En dix ans nous sommes passés d'une position de leader en Europe à celle de lanterne rouge. À chacun ses exploits », a exprimé hier après-midi au Cref de Colmar le président de la Fnab François Thiery. Ce dernier faisait écho aux propos tenus par l'un des invités du colloque de clôture, Andrea Ferrante, qui venait de mettre l'accent sur le réel « exploit » de son pays, l'Italie : « En dix ans, l'agriculture biologique a gagné cdans la péninsules 1 200 000 hectares, ce qui représente la plus importante surface cultivée en Europe et la troisième au monde, après l'Australie et l'Argentine ».


Idéalisme et pragmatisme


L'agriculture biologique progresse généralement partout. Elle représente 10,6 % de la surface agricole utile (SAU) en Suisse, 11 % en Autriche et « l'Allemagne annonce 20 % d'ici à 2010 ». « Pendant ce temps, poursuit François Thiery, la France se traîne à 1,6 %, avec peu d'augmentation en vue en 2003, du fait de l'arrêt des CTE, les contrats territoriaux d'exploitation », qui avaient permis à l'agriculture biologique de se développer favorablement. Mais pas question de baisser les bras pour les producteurs réunis en Alsace, une région où, parmi les 239 producteurs cultivant 10 400 hectares que compte l'Opaba (Organisation professionnelle de l'agriculture biologique en Alsace), les viticulteurs bio en particulier, aujourd'hui au nombre de 52, ont connu une forte progression depuis 1996. Le « réseau Fnab » s'est même fixé un objectif ambitieux : passer de 1,6 % aujourd'hui, soit 500 000 hectares, à 15 % d'ici à 2010. Pour ses responsables, ce n'est « pas un projet excessif, au contraire nous sommes dans une logique ». Une logique à travers laquelle cette fédération de producteurs cherche à « concilier l'idéalisme et le pragmatisme », sa ligne de conduite. En disant parallèlement « non aux OGM », les organismes génétiquement modifiés, et en exprimant comme « orientation la plus forte » la volonté d'obtenir « une rémunération de reconnaissance », de façon à « appuyer le revenu du paysan bio ». Une mission parlementaire est actuellement en cours pour donner à l'agriculture bio et à ses signes distinctifs (le logo AB) un avenir. En Italie le bio représente 1,5 % du marché alimentaire. En Autriche 4 %. En France 3 %. L'avenir est pour une part dans ces chiffres, trop bas pour refléter la réalité de la demande des consommateurs, située selon les études à des niveaux jusqu'à dix fois plus élevés.


Lucien Naegelen


© L'Alsace, Jeudi 27 Mars 2003



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