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Les centres techniques craignent la décentralisation

La vague de décentralisation qui touche les services de l'Equipement mobilise les organisations syndicales. Les ingénieurs CGT craignent pour l'avenir du réseau des centres d'études techniques.


L'Union des syndicats des services d'études et de recherche de l'Equipement (Ussere), affiliée à la CGT, veut mobiliser les collectivités locales pour « sauver » ce réseau scientifique composé de sept centres d'études techniques de l'Equipement (CETE) répartis à travers toute la France.
 « Ce réseau travaille sur les travaux de BTP, l'aménagement du territoire, les transports, explique Jean-Pierre Dupont, secrétaire général de l'Ussere, dont le congrès national s'est tenu la semaine dernière à Mittelwihr. Aujourd'hui, il travaille à 60% pour l'Etat et 40% pour les collectivités, les sociétés HLM. Le problème, c'est que les missions diminuent voire disparaissent ».
 Le syndicat, qui revendique une représentation de 43% (aux dernières élections) parmi les personnels des centres techniques (composés à grande majorité d'ingénieurs et de techniciens), explique qu'avec la dernière vague de décentralisation et les 18 000 kilomètres de routes nationales transférées aux conseils généraux, les centres vont être mis en concurrence avec des cabinets privés.
 « Il ne faut pas toucher à ce réseau, on en a besoin en terme de recherches et d'études, poursuit-il. Le privé va là où il y a un marché solvable. Ce qui veut dire qu'en certains endroits, il y aurait un véritable désert... Les collectivités ont besoin d'être aidées et pas d'être pieds et poings liés aux cabinets privés qui sont quelquefois des filiales de groupes du BTP ».
 Et d'ajouter : « L'Equipement a perdu 20 000 emplois en 20 ans, il ne faut pas s'étonner si dans certaines régions, quand il tombe cinq centimètres de neige, tout soit bloqué ».
 La France compte sept CETE (3 800 agents répartis en 21 sites) dont le CETE de l'Est, animé par 400 agents à Metz, Nancy et Strasbourg. Les ingénieurs et techniciens travaillent par exemple à l'inspection de l'état des routes et des ouvrages d'art, aux études de plans de circulation, réflexions sur la sécurité routière, les politiques d'aménagement, etc.
 L'Ussere envisage de prendre contact avec l'association des départements de France et avec les présidents de conseils régionaux pour expliquer et sensibiliser les élus à l'avenir du réseau scientifique et de recherche, rattaché au ministère des Transports.

Olivier Claudon


© Dernières Nouvelles D'alsace, Mardi 20 Juin 2006. - Tous droits de reproduction réservés



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