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Réveiller le goût d'entreprendre

La création d'entreprise est en panne en France : 175 000 naissances aujourd'hui, contre 200 000 il y a quelques années. Et l'Alsace épouse cette courbe descendante avec 4 100 créations contre 4 600. Mais, nuance Didier Henner chargé de mission sur le sujet à la CRCI, « les entreprises qui voient le jour dans la région ont un capital plus élevé (30 500 €), un taux de survie à cinq ans (54%) de quatre points plus élevé que la moyenne nationale. Et le créateur alsacien est un peu plus diplômé ». Le projet de loi sur l'initiative économique veut relancer la machine en simplifiant le parcours du combattant du porteur de projet et en facilitant le financement. La députée Arlette Grosskost, qui a planché avec d'autres parlementaires alsaciens sur le texte, en a donné les lignes directrices. « Il fallait redonner le goût et l'audace d'entreprendre, notamment chez ceux qui ont perdu leur travail. Cette loi », a-t-elle fait valoir, « est la chose la plus dynamique qu'on ait fait ces dernières années ,dans la mesure où les petites entreprises auront la possibilité d'accéder aux marchés publics, à la qualification et que sera institué un statut du conjoint du chef d'entreprise. »


Pas de société à 1€


Le projet de loi a été commenté lors d'une table ronde. Approbations et critiques. Richard Burgstahler président de la CRCI, met en doute l'efficacité du parrainage du salarié-créateur en l'absence d'une clause de non-concurrence. Il se réjouit de l'abandon du slogan « une Sàrl à un euro », qui minimisait l'importance de la question du financement. Les CCI ont été mises sur la touche par le Sénat pour la délivrance du récépissé de création d'entreprise, réservé au greffe du tribunal « Cette décision remet en cause l'idée du guichet unique et ne constitue pas une simplification »,juge le président de la CRCI. Du côté de la chambre de métiers, on se félicite des mesures d'exonérations fiscales qui doivent favoriser la transmission des PME.


De nouveaux financements


Le représentant des banques refuse de réduire la création d'entreprise à une question financière : « nos établissements doivent s'assurer de la viabilité du projet présenté ». Mais l'argent reste le nerf de la guerre. La mise en place de fonds d'investissements de proximité (FIP) qui permettront à l'entrepreneur débutant de renforcer son assise financière suscite des espoirs. Et des interrogations. Beaucoup d'opérateurs économiques jugent les délais trop longs et la procédure trop complexe pour instituer les FIP. « Rien ne sera possible sans un engagement important des Région ». Jean Lachmann directeur général adjoint du conseil régional estime qu'il ne doit pas y avoir de concurrence avec les autres outils de financement existants. Rien ne sert de booster la création d'entreprise, si les commandes ne suivent pas. Les petites entreprise attendent une réforme du Code des marchés publics, adaptée à leur situation financières. En attendant, le directeur régional de la Banque de développement des PME a annoncé l'instauration en Alsace d'une système de préfinancement des marchés publics.


I.N


© Dernières Nouvelles D'Alsace, Mardi 29 Avril 2003.



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